POUR UN SOLDAT CITOYEN

L'Afghanistan expliqué aux soldats et à leurs familles

samedi 5 février 2011

Changement de doctrine : opération "kill or capture" de l'armée française

Selon le journaliste Luc Mathieu, correspondant de Libération à Kaboul, l’armée française mène depuis une semaine une opération dans le district de Tagab. La nouveauté est que cette opération est de type « kill or capture » (tuer ou capturer). Fin 2010, les américains annonçaient une évolution de la contre-insurrection et un retour aux anciennes méthodes : tuer et capturer les ennemis. Il semble donc que les français s’y mettent aussi.

Les officiers français tués en Afghanistan

Sur les 53 soldats français tués en Afghanistan depuis le début du conflit, cinq étaient officiers. Sur ces cinq officiers, quatre étaient d'anciens sous-officiers et un était un contractuel O.R.S.A. (officier de réserve en situation d’activité).

dimanche 23 janvier 2011

L’aumônier islamophobe

L'abbé Benoit Julien de Pommerol, aumônier catholique des légionnaires déployés en Surobi début 2010, dénonce dans un rapport de fin de mission (1) la "déférence" et la "bienveillance" envers l'Islam qui est exigée des militaires français servant en Afghanistan.

Sans le vouloir, l’aumônier illustre bien certains aspects naïfs de la contre-insurrection : une femme soldat devant porter le voile et les militaires se pliant au ramadan en présence des afghans. C'est bien sous-estimer l'intelligence des afghans de penser que ceux-ci attendent des soldats occidentaux une telle mise en scène.

D’autre part, l’abbé écrit à la fin de son rapport « Ce qui a construit notre pays sont les valeurs de la foi judéo-chrétienne. Ce qui construit le comportement des afghans est la haine de nos personnes et la violence contre nous… (cf. le coran, la charia, les hadiths, etc.) »
L’amalgame islamisme-islam n'est pas chose nouvelle mais, à notre connaissance, c’est la première fois depuis le début de cette guerre qu’un militaire français se prononce publiquement contre les afghans et les musulmans en général.

(1) Visible par exemple ici

samedi 25 décembre 2010

Expliquer à l’opinion publique les raisons d’une guerre

L’Assemblée européenne de sécurité et de défense, dans une recommandation au secrétaire général de l’Otan datée du 16 juin 2010, explique comment justifier la guerre d’Afghanistan aux yeux de l’opinion publique. Par exemple, il est conseillé d’établir « clairement le lien entre le travail que [les soldats] accomplissent et la sécurité mondiale, notamment celle des populations des pays occidentaux. » Le document ne précise pas la nature du lien en question.

dimanche 19 décembre 2010

Nombre de soldats tués par les insurgés en 2010 : une dégradation plus importante pour les français

Le nombre de soldats français tués par les insurgés (« hostiles ») en Afghanistan a doublé en 2010 par rapport à l'année précédente (15 contre 6, soit une multiplication par 2,2). Dans la même période, les pertes américaines ont été multipliées par 1,6 (432 contre 266), alors que les pertes du Royaume Uni ont légèrement diminué (93 contre 104), et celles du Canada ont diminué de moitié (13 contre 29). Parmi les pays les plus engagés en Afghanistan, c’est donc la France qui a subi la plus forte augmentation du nombre de soldats tués. Il est vrai que nous notions, dès le printemps 2010, une hausse de la fréquence des opérations de l’armée française (13e BCA et 2e REP) (1) (2). Pour le mandat d’été, le GTIA HERMES (21e RIMA) rapporte plus de 80 opérations et plus de 60 accrochages (3). Par ailleurs, on peut remarquer un glissement dans la réputation de la province de Kapisa, où se trouve le plus gros des effectifs français. Pour Europe 1, la Kapisa est désormais "une région de l’Afghanistan particulièrement dangereuse" (4). Il est permis de se demander si le niveau d'engagement de l’armée française a évolué ou si l’activité des insurgés est en hausse dans cette région.

(1) http://france-afghanistan.blogspot.com/2010/06/un-risque-plus-eleve-pour-les-soldats.html (2) http://france-afghanistan.blogspot.com/2010/06/commentaires-au-retour-de-kapisa.html
(3) http://france-afghanistan.blogspot.com/2010/12/bilan-de-la-mission-du-gtia-hermes.html
(4) http://www.europe1.fr/International/Afghanistan-un-52e-soldat-francais-tue-343425/

dimanche 5 décembre 2010

Bilan de la mission du GTIA HERMES


Le Groupement tactique interarmes (GTIA) HERMES a été officiellement dissout ce vendredi 3 décembre au cours d’une cérémonie publique dans la ville de Fréjus. Le GTIA HERMES a été déployé en Kapisa entre juin et novembre 2010. Son effectif provenait majoritairement du 21e Régiment d’Infanterie de Marine (21e RIMA). Le discours prononcé à cette occasion fait état de conditions particulièrement difficiles sur le terrain, avec des roquettes et des obus tirés sur les FOB, en particulier à Tagab, et un piégeage régulier des itinéraires par IED. Plus de 80 opérations ont été menées, dont plus de 60 actions de combat au contact direct des insurgés. Le 21e RIMA déplore deux soldats tués et 38 blessés au cours de ce mandat.

vendredi 3 septembre 2010

La question du suicide chez les militaires

Le suicide récent d’un jeune soldat déployé en Afghanistan a donné lieu à quelques articles alarmants au sujet du taux de suicide des militaires (1, 2). Au vu des conditions de vie difficiles et des risques du métier de soldat, le problème méritait d’être soulevé. La vie militaire conduirait-elle au suicide ? Ou bien le fait de s'engager cacherait-il chez certains des penchants suicidaires ? Les statistiques répondent que non. Le nombre de suicides est le même chez les militaires que dans la population générale soit, en France, deux suicides par an pour 10000 personnes (0,02%) (3). Si l’on considère maintenant les soldats déployés en Afghanistan, on compte chez les français deux suicides en 9 ans de guerre. En ramenant ce nombre à 3000 soldats présents en permanence dans ce pays, on obtient un taux de suicide annuel de 0,007 % (0,7 suicides pour 10000), soit trois fois moins que dans la population générale. Il peut paraître paradoxal d’observer moins de suicides en Afghanistan que dans des conditions normales. Rappelons toutefois que les chercheurs ont constaté qu'il y avait généralement moins de suicides (et de dépressions) en temps de guerre qu’en temps de paix (4).

(1) Les suicides minent l’armée
http://www.lunion.presse.fr/article/francemonde/les-suicides-minent-larmee
(2) Le suicide est la deuxième cause de mortalité des militaires français
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/le-suicide-est-la-deuxieme-cause-de-mortalite-des-militaires-francais-02-09-2010-1231819_53.php
(3) Haut comité d'évaluation de la condition militaire - 4ème rapport http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000094/index.shtml
(4 )J. Baechler, Les Suicides (thèse sous la direction de Raymond Aron), Calmann Lévy. Préface de R. Aron. Réédition Hermann, 2009