POUR UN SOLDAT CITOYEN

L'Afghanistan expliqué aux soldats et à leurs familles

samedi 17 décembre 2011

Un reportage photo sur la Kapisa


Le photographe Jean-Christophe Hanché a passé sept semaines aux cotés des soldats français dans la province de Kapisa. Il publie un livre intitulé « Kapisa Afghanistan » qui réunit 300 photographies illustrant la vie quotidienne de ces jeunes soldats.

La Kapisa est une des zones les plus sensibles du conflit afghan. L’armée française y est déployée depuis 2009 et 34 soldats français y ont été tués. « Kapisa Afghanistan » est à ce jour le seul livre en français dont le titre contient le mot Kapisa.

Vous pouvez commander cet ouvrage à l’adresse suivante : http://www.kapisa-afghanistan.com

samedi 26 novembre 2011

Faits divers, faits de société

Tout fait divers est aujourd’hui transformé en fait de société. Derrière chaque crime sadique ou suicide au travail, on trouve une structure dont on veut démontrer l’existence : décadence de la société, abus du management…
A l’inverse, la mort d’un soldat au combat, qui est bien le résultat d’un acte décidé par la société, se retrouve dans la rubrique fait divers.

mardi 1 novembre 2011

Sur le livre d’Anne Nivat « Les Brouillards de la guerre »*

Ceux qui suivent ce blog et s’intéressent aux mêmes aspects du conflit afghan que moi trouveront dans ce livre des informations de terrain sur ce que pensent les militaires de la guerre et de la façon dont elle est conduite. Moins courant, Anne Nivat nous montre aussi le point de vue peu enthousiaste des afghans, dont les cœurs et les esprits ne semblent pas avoir été gagnés. Un nouveau soutien pour l’opinion de plus en plus répandue selon laquelle cette guerre ne marche pas.

Un point particulièrement frappant, à mon avis, c’est ce chiffre donné par un ex-directeur de la CIA : il n’y aurait en Afghanistan qu’entre soixante et cent membres d’Al-Qaïda. Je rejoins entièrement l’auteure lorsque qu’elle conclue : « n’aurait-il pas été plus approprié de mener une politique de contre-terrorisme, comme en Somalie ou au Yémen, plutôt qu’un tel gigantesque effort de contre-insurrection ? »

*Fayard, octobre 2011

lundi 29 août 2011

Développement de la contre-insurrection : interdiction de flatuler bruyamment en public

En Afghanistan, la contre-insurrection tente de « conquérir les cœurs et les esprits » afin de minimiser l'appui apporté par la population aux insurgés. L'armée s’implique dans l’aide aux populations, distribue des pamphlets « éducatifs », organise des chouras(assemblée de notables).

Ce n’est un secret pour personne, cette doctrine est un échec : les occidentaux n’ont pas gagné la sympathie des afghans et l’activité des talibans s’est aujourd’hui renforcée.

Qu’à cela ne tienne. L’armée américaine raffine sa doctrine de la contre insurrection en interdisant aux soldats de flatuler de manière bruyante en présence des afghans, un acte mal vu dans cette culture différente.

Mais flatuler bruyamment étant un des passe-temps favoris des Marines, son interdiction pourrait avoir des conséquences stratégiques inverses, à savoir, une baisse du moral des troupes.

dimanche 12 juin 2011

Création de l’association Militaires et Citoyens

Nous annonçons la création de l’association Militaires et Citoyens (M&C) dont les statuts ont été déposés en sous préfecture de Brest.

M&C a pour objet principal l’étude et l’analyse des conditions de vie des militaires et l’information du public sur ce sujet. Elle s’intéressera particulièrement aux questions matérielles, professionnelles et morales de la vie collective ou individuelle des militaires, de leurs familles et de leurs ayants droit et ayant cause.

Les premières actions menées par M&C consisteront à sensibiliser l’opinion et le législateur à la difficulté pour les militaires d’accéder aux droits et libertés fondamentales du citoyen. Dans ce but, le président de l’association rencontrera en ce mois de juin les députés Gilbert Le Bris et Étienne Mourut, de la commission Défense de l’Assemblée Nationale, et communiquera sur ces questions auprès du grand public durant la campagne présidentielle 2012.

M&C proposera, via un site internet et via son forum comptant plus de 3 000 membres, des actions ponctuelles et des informations pertinentes sur ses activités.

Les cinq fondateurs de l’association sont : un ancien marin d’État, une chef d’entreprise mère de soldat, une civile de la Défense, une enseignante fille de fonctionnaire de la police Nationale et un retraité de la Gendarmerie.

M&C a scellé un partenariat avec l’Adefdromil (Association de défense des droits des militaires) afin de générer une synergie autour des questions communes aux deux associations.

M&C est une association loi 1901 et non une association professionnelle.

vendredi 29 avril 2011

Doit-on faire l’éloge des batailles de Camerone et Sidi Brahim ?

L’anniversaire des combats de Camerone et de Sidi Brahim sont devenus respectivement la fête traditionnelle des légionnaires et des chasseurs alpins. Ces combats ont en commun le fait d’avoir opposé un petit nombre de français à un ennemi en surnombre dans un combat perdu d'avance et sans conséquence stratégique.

En 1863, au Mexique, 65 légionnaires sont chargés de protéger un convoi en direction de Puebla, ville assiégée par les Français. Ils sont attaqués près de Camerone par plus de 2000 mexicains. Faisant valoir la supériorité du nombre, un officier mexicain leur somme de se rendre, ce à quoi le capitaine Danjou qui commandait alors les légionnaires fait répondre : « Nous avons des cartouches et ne nous rendrons pas ! ». Il fait alors jurer à ses hommes de lutter jusqu'au bout. Les légionnaires résistent pendant 9 heures. 33 sont tués et 31 faits prisonniers. Presque tous sont blessés, et les deux tiers des blessés succomberont à leurs blessures au cours de leur captivité. Camerone n’aura pas d’incidence sur l’expédition du Mexique.

En 1845, à Sidi Brahim, dans la région d’Oran en Algérie, un petit détachement du corps expéditionnaire français rencontre plus de 5000 cavaliers de l’émir Abd el Kader. Le colonel Montagnac engage le combat sans se soucier du nombre de ses adversaires. La petite troupe est écrasée par les cavaliers arabes. Seuls 11 chasseurs en sortent vivants. Sidi Brahim restera en marge de l’histoire de la conquête et de l’occupation de l’Algérie.

Ce que l’on voudrait célébrer dans ces évènements, c'est le courage et l’abnégation des hommes. Mais l’armée exalte également l'esprit d’un sacrifice suprême inutile, faisant indirectement l’éloge d’un commandement irresponsable. Le discours du général Dary, commandant de la légion étrangère, à l’occasion des cérémonies de Camerone en 2005 est exemplaire : « Faire Camerone aujourd’hui, c’est d’abord être conscient qu’il n’y a pas de petites missions, que toutes méritent un engagement personnel, qui peut aller jusqu’au sacrifice… Il s’agit bien pour nous aujourd’hui, en recevant la mission opérationnelle d’être conscients du devoir de la remplir, quoi qu’il puisse nous en coûter. »

Le projet de refonte du statut général des militaires de 2003 éliminait la référence à l’esprit de sacrifice. Mais celle-ci a été rétablie à la suite du mécontentement des associations d’anciens et des cadres de l’armée de terre (1), c'est à dire des catégories les moins exposées au combat.

vendredi 22 avril 2011

L’Afghanistan à Plus Belle la Vie

Vivien, un ex-militaire revenu d'Afghanistan débarque au Mistral. Malgré quelques craintes initiales sur son honnêteté (il sort de prison et fréquente un malfrat), ce soldat d’une beauté et d’un caractère rustiques s’avère être un gentil. Les producteurs de la série, toujours à la pointe de l’actualité, le font souffrir d’un trouble de stress post-traumatique (PTSD). Il s’ensuit une romance entre Vivien et la belle et richissime Céline Frémont.

Nous ne pouvons que remercier Plus Belle la Vie de présenter une image positive du soldat. En espérant que les scénaristes donnent une issue heureuse à sa vie.